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Article par Nutritionr, 2017-05-11 10:53:50

Superaliments ou supermensonges?

Que sont les superaliments?

Les tendances alimentaires font couler beaucoup d’encre depuis quelques années, et l’une d’entre elle ne semble pas vouloir disparaitre de sitôt. Eau de coco, kéfir, graines de chia, kale, algues et autres termes exotiques : partout, on en vante les mérites. Ils envahissent réseaux sociaux et moteurs de recherche sous une classe d’aliment prônée par les fidèles adeptes d’alimentation saine : ce sont les superaliments.

Sur les tablettes de nos épiceries depuis peu, les superaliments sont des aliments auxquels on attribue, sous leur forme naturelle non transformée, des propriétés supérieures aux autres aliments. Concept de l’heure et grands titres de centaines de livres de recettes, on pourrait également les qualifier de « superpopulaires ». Si popularité rime avec vente et accessibilité, la véracité de la tonne d’information sur le sujet n’est pas toujours synonyme de fiabilité. Qu’en est-il réellement des « pouvoirs » attribués à ces nouveaux venus dans nos assiettes?

 

De réalité à publicité

Tous les aliments renferment, à la base, une quantité variable de nutriments. Une demi-tasse de poivron rouge cru vous apportera plus de 100 mg de vitamine C, alors qu’une quantité double du désormais très populaire kale (chou frisé) en contient 85 mg. L’un et l’autre fournissent une quantité considérable de cette vitamine nécessaire à l’absorption du fer des aliments végétaux et à la formation des tissus de notre corps. C’est pourtant plus glamour de dévorer une salade de kale devant ses collègues à l’heure du lunch plutôt que de grignoter des lanières de poivrons. Et pourtant, les deux valent leur pesant d’or en termes de vitamine C!

Il faut toutefois admettre que la notion de « superaliments » n’est pas exclusivement négative ; la valorisation de ces aliments bons pour la santé en accroit au contraire la consommation chez un plus grand nombre de gens. Tant mieux! Par contre, catégoriser des aliments comme meilleurs que d’autres en ne considérant que quelques-unes de ses propriétés détourne l’intention d’informer vers une intention… marketing! Et, c’est exactement ce que c’est : on valorise systématiquement certains nutriments d’un aliment sans considérer l’ensemble de son apport nutritionnel. Résultat? Un n’est pas plus miraculeux qu’un autre, mais se vend au prix fort dans les marchés d’alimentation. Saviez-vous que les bonnes vieilles carottes, bettes à carde et pommes de terre douces, boudées des blogues culinaires et Instagram de ce monde, sont doublement plus riches en vitamine A que le kale? Une portion de « plates » amandes naturelles, quant à elle contient plus de calcium qu’une portion de graines de chia entières. Moins charmantes, soit, mais tout aussi nutritives et délicieuses ;-)

 

 

 

Vertus extrêmes et déformations alimentaires

De plus en plus, on peut lire sur Internet des articles vantant les mérites de superaliments d’un angle extrême de la santé. « Mélanger deux cuillères à soupe de graines de chia dans un verre d’eau pour couper la faim » ou « Vivre en santé plus longtemps en mangeant des baies de Goji », vous y croyez vraiment? Un superaliment est effectivement riche en minéraux et vitamines, mais la notion de « vertu miracle » n’existe pas. Sans dire que le concept de superaliments contribue à saboter la relation que l’on entretient avec la nourriture, il faut faire preuve de vigilance lorsque des mouvements alimentaires miracles font surface.

Soyez conscients que votre corps ne demande qu’à être nourri par des aliments nutritifs, supers ou non. Un aliment, peu importe son type, offre une panoplie de nutriments différents et complémentaires aux autres. En tant que consommateur averti, une réflexion dépassant les tendances de l’heure s’impose avant d’adhérer à des concepts vertueux plus ou moins fondés. Écoutez-vous et faites des choix sensés!


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